13.12.2008

Etre ou ne pas être ( artiste )

Je suis obligée de me poser cette question. Tout le temps. Tous les jours. Chaque fois que. Tout le temps.
Intensément. Profondément.

Depuis ces déjà quelques années que j'ai fait ce choix-là. Devenir comédienne. Apprendre le délicat métier d'actrice.
Un métier, une passion, qui exige une formation rigoureuse et continue. Je crois que finalement, je serai toujours en formation, en construction.

Il est difficile d'apprendre à être quelqu'un d'autre, d'être juste, vrai, même si le personnage est loin de nous. Apprendre à jouer, à " faire l'autre ". Comprendre sans être.
Cela passe par des chemins tortueux. Travailler sur un plateau de théâtre, cela implique d'être toujours prêt, aux aguets, à l'écoute de l'autre, des autres mais aussi de soi, de sa propre conscience, de ses émotions. Trouver le chemin. Comprendre la situation en jeu. Et s'il existe mille façons de jouer une scène, une certaine vérité de jeu me semble unique, universelle et incontournable.

Se former à l'art dramatique, c'est accepter de chercher sans trouver. De se salir les mains sans avoir la possiblité de les laver tout de suite après. C'est accepter de ne pas savoir. C'est laisser la place aux accidents. Y aller dans l'état dans lequel on est. Malade, fatiguée. Avoir la modestie de se dire que parfois, on est mauvaise, nulle, médiocre. Que l'essentiel n'est pas le résultat, mais le chemin. Et que les détours aussi, c'est beau.

Et ces détours-là sont passionants. Enivrants. Exaltants. Douloureux aussi. Parce qu'ils remettent tout en cause. A chaque instant. Ce n'est pas pour rien qu'on a envie de tout arrêter, un jour sur deux. Mais un jour sur deux, c'est comme un verre à moitié plein ou à moitié vide. C'est la possibilité d'y trouver son compte, finalement. Puisque réussir ne veut rien dire. Surtout dans ce terrain de jeu-là.

Alors continuer. Chanceler. Tomber même.
Chialer les soirs façon caramels mous.
Mais putain c'que c'est beau ce qui se passe sur toutes ces scènes

C'que c'est beau ...

 

 

 

 

10.10.2008

Areuh Areuh

J'ai retrouvé, dans une grande joie ( ô douce ironie ) le bonheur de la garde d'enfant. Me voilà donc à charge d'un petit farfadet de 5 ans aux oreilles décollées et au sourire ravageur. Je vais le chercher tous les jours à la sortie de son école et je le conduis souvent dans un petit parc où il se drogue s'invente des petites histoires avec ses copains et ses copines. Le coup classique quoi.

Un petit parc, des fleurs, des bancs et ....  des dizaines d'enfants débraillés et la morve au nez ( souvent ). Je ne me lasse pas de les regarder du coin de l'oeil, d'observer leurs moeurs étranges et leurs comportements tous plus bizarres les uns que les autres. Notons tout d'abord une scène assez cocasse. Imaginez une petite fille courant avec un grand cabas de courses à la main.  Et une autre petite fille, quelques mètres derrière poussant des cris de terreur et contorsionnant son visage en des grimaces plus ou moins esthétiques pour manifester son mécontentement. Tout ça les bras tendus vers l'avant.

Imaginez maintenant la même scène avec des adultes. Vous vous promenez tranquillement dans la rue, l'air absent. Et soudain, X et Y surgissent dans une course effrenée l'un après l'autre, le tout accompagné de sonorités venues d'ailleurs. Je pense que des individus, tout de blanc vêtus, viendraient tout de go les chercher et les enfermer dans un endroit où l'on nomme les gens " malades ".

Bref.

C'est fou ce qu'on peut se permettre de faire quand on est môme. Putain, si je pouvais faire pareil. Le rêve quoi. Ce serait trop merveilleux.
Hurler à la mort quand mon marchand de journaux n'a plus " Siné Hebdo ".  Sauter dans une grande flaque d'eau et de gadoue et arroser le pantalon trop bien repassé d'un pov naze qui passe sur le même trottoir. Prononcer des mots imaginaires devant des gens histoire de les insulter sans les vexer. Faire pipi dans le caniveau sans risque pour ma maitresse mère. Remonter mon collant jusqu'aux aisselles et faire pareil avec la culotte, tout ça sans honte ni gêne. Me moucher d'un revers de la main et faire un grand sourire au chauffeur de bus. Me gratter les fesses. Rire d'un rire niais et m'en foutre complet. Tirer la langue à tous ces pauvres cons.

Etre hystérique, débile, mal coiffée, fatiguée, mal polie.
Et qu'on trouve ça mignon.

 

Les gosses ... Putain de privilégiés.

 

 

05.09.2008

J'suis pas patiente avec les dépressi-i-ifs

Je vous vois déjà glousser. Chacun ses intolérances. Certains n'aiment pas les épinards, d'autres vomissent les interdictions. Moi, c'est les dépressifs, les déprimés, les " constamment tristes ". Ca me donne envie, les jours d'hiver, de leur éternuer à la tronche. De les secouer façon tex-avery. De les frapper à la Nicky Larson. De crier, de les éplucher. De leur faire subir mon sourire niais toute une journée.

Ils sont partout. Une véritable invasion de titulaires de carte " je prend 3 lexomils par jour et vous ? " Ce sont nos amis, nos profs, nos partenaires sexuels et parfois même nos amoureux. On les croise dans le bus, à la piscine, chez l'osthéopathe, à la cantine. Cette façon d'être moche. On dirait des monstres mous. Ils se déplacent sans but, sans envie, sans lendemain. Tout est creux, vide et sans espoir.Tout ça ne peut que donner envie d'avoir des pulsions meurtrières. Qu'a t-on fait pour récolter ça ? La nouvelle maladie du siècle ?

Et là, je dis non, c'en est trop, ça suffit maintenant. Stooooop  ! Chacun ses emmerdes, ça c'est vrai et on est pas toujours gâté de naissance. Mais pitié soignez-vous et cessez de nous infliger vos tronches à la Droopy en mangeant des raviolis froids. Il faut se prendre en main, empoigner son existence et faire avec.

Plus sérieusement, c'est vrai, quoi, sont énervants tous ces malheureux.
Mon téléphone n'a pas sonné depuis plus de 48 heures. Mes amis sont tous partis en week end.
Et mon déjeuner à été annulé pour cause de bouton de fièvre de la partie adverse.

Ca vous cloue hein ?
C'est moche la vie parfois.

 


 

Edit : Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi hautetfort s'obstine à faire de " ma " chanson une video ? Hein ? Pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?